Portraits

Karine, la vocation d'aider

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Karine est une charmante jeune fille âgée aujourd’hui de 21 ans. Elle a perdu sa mère très tôt, tandis que l’on était sans nouvelle de son père. Elle a donc été accueillie par sa grand-mère maternelle. Malheureusement, en raison de son grand âge et de son indigence, cette dernière n’était pas à la hauteur des soins nécessaires pour sa petite fille. L’enfant a vite perdu le sourire. Elle devenait chaque jour un peu plus malheureuse quand elle a été admise au Village d’Enfant SOS Dafra, le 23 Décembre 2005.

A partir de ce jour une nouvelle vie a commencé pour Sévérine. Dix années après, elle se rappelle encore de son premier jour au village : « Le jour de mon arrivée au village, j’ai eu droit à un accueil de rêve de la part de ma mère, mes frères et sœurs SOS et de toute la communauté villageoise. Je ne savais pas que je pouvais bénéficier d’autant d’amour d’autrui. C’était la première fois de ma vie que je me sentais vraiment aimée et importante». Cet accueil l’a ainsi aidée à bien s’intégrer dans la famille. C’est sans peine qu’elle est arrivée à se faire accepter par ses frères et sœurs. En toute confiance et avec grande joie, elle s’est laissée « adopter » par sa mère SOS. Cette dernière s’est occupée d’elle comme d’une fille biologique. Pour les vacances scolaires, elle n’avait pas d’attache familiale vers qui voyager. C’est sa mère SOS qui rentrait avec elle dans sa propre famille, lui offrant ainsi le plaisir d’un voyage et d’un séjour dans une famille. Si bien qu’elle doit son enfance épanouie à sa maman SOS. En octobre 2013, Karineest une adolescente qui a réussi à l’examen de son premier diplôme (Certificat d’Etudes Primaires). Elle est admise au programme d’encadrement des jeunes de Bobo-Dioulasso. Elle a donc quitté la concession familiale pour rejoindre une tante retrouvée entre temps, qui habite non loin du village. Karine entretien toujours de bonnes relations avec sa mère SOS à qui elle rend fréquemment visite. Celle-ci lui vient encore en aide à travers affection, conseils, et présents. Elève en classe de 5ème, Sévérine veut exercer un métier grâce auquel elle pourrait venir constamment en aide aux autres. Elle rêve ainsi de devenir infirmière afin de soigner les malades et d’être plus proche des autres pour les aider. Au sein du programme d’encadrement des jeunes, Karineparticipe aux différentes activités organisées au profit des jeunes. Elle a participé à la première édition du camp de leadership et de développement personnel tenu les 4 au 8 septembre 2015 à Bobo-Dioulasso. Ledit camp a regroupé durant 5 jours, 105 jeunes bénéficiaires. Pour Séverine, le camp été un véritable moment d’émotion, un moment de rencontre, de partage et de découverte. Non contente d’être sortie de sa réserve, elle sort de cette expérience grandie grâce à la rencontre des autres camarades. Pour preuve, elle a su interpréter une chanteuse burkinabé lors de la soirée culturelle du camp. Elle témoigne aussi que les différentes thématiques abordées se sont avérées importantes pour elle, surtout celle relative à la santé sexuelle. Elle se souvient par ailleurs de la visite de la vieille mosquée de Dioulassoba, et de celle au village sacré de Koro. Elle remercie énormément les éducateurs qui ont bien voulu initier ce camp et souhaite que cela puisse se poursuivre les années à venir.

Honorine, le bonheur de la dignité retrouvée

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Honorine est aujourd’hui âgée de 51 ans. Elle porte dans son âme le chagrin de deux deuils, le souvenir des affres d’un ménage sans ressources, et heureusement, enfin, la joie d’avoir rencontré SOS Villages d’Enfants. Tout commence en 2000 avec la disparition de son premier époux, monsieur Millogo, tâcheron de son état. Le revenu de la famille se réduisit aussitôt aux fruits de l’activité agricole à laquelle elle dut s’adonner contre mauvaise fortune. La terre ne leur fit pas grâce, les ressources manquèrent constamment.

Consciente que la vie vaut tout de même la peine d’être vécue, Honorine contracta un second mariage avec monsieur Ouattara. Comme si le malheur s’acharnait résolument sur elle, une courte maladie vint mettre fin aux jours de ce deuxième mari qui lui fit deux enfants. Entre plusieurs petits commerces infructueux Honorine resta inconsolable. Ce d’autant plus la charge des enfants en exigeait plus que les hypothétiques bénéfices des ventes. « Il était difficile pour moi de garantir le repas quotidien », nous confie – elle, avant de poursuivre, sentencieuse : « Avec toutes ces difficultés, la scolarisation des enfants était un luxe. » C’est à la faveur de l’équipe du Programme de Renforcement des Familles que le changement fut amorcé dans le ménage d’Honorine. Elle obtint de quoi lancer un petit commerce dans le marché du quartier, tandis que ses enfants furent inscrits pour une prise en charge sanitaire et scolaire. Tant et si bien que les mots d’Honorine à propos de SOS Villages d’Enfants en disent long sur sa joie d’une dignité retrouvée. « Ce n’est pas seulement le soutien de SOS qui me touche, c’est aussi la bienveillance avec laquelle ils prennent en charge les enfants », reconnaît-elle. Et lorsque, au détour d’une question le souvenir de ses mariages revient, elle avoue se consoler avec la joie de voir ses enfants scolarisés leur redonnant ainsi l’espoir de voir leurs rêves se réaliser.